Sauvons notre patrimoine, pour l’avenir.
En 1998, une grande partie de la ville de Lyon a été classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Il s’agissait d’une reconnaissance de la diversité architecturale de notre cité, témoin unique de l’évolution de l’urbanisme à travers les siècles, et d’une consécration pour tous ceux qui la défendirent face aux projets parfois démentiels.
Un tel label est un atout touristique indéniable. Il crée aussi des devoirs. Les citoyens doivent respecter ces monuments, les pouvoirs locaux doivent se projeter dans l’avenir, réfléchir à leur utilisation future. Un bâtiment historique ne perd pas sa valeur parce qu’il change de vocation. En revanche, sa disparition est par nature irréversible.
Bientôt l’Hôtel Dieu cessera ses activités médicales. Ainsi la longue histoire hospitalière de la Presqu’île sera terminée, presque un siècle après la destruction de l’hôpital de la Charité. L’hôtel Dieu, œuvre magistrale de Soufflot, qui marque de son empreinte les quais du Rhône, qui imprime son reflet sur le fleuve, fait partie du quotidien des lyonnais. Point de repère horizontal, comme le Crayon est un point de repère vertical. Pour beaucoup, il est un lieu de souffrance. Et pourtant, ses cloîtres sont autant d’îlots de paix en plein cœur de la ville, alors même que les techniques les plus modernes sont employées dans les pièces voisines.
Que peut-on en faire ? Ministère, centres commerciaux et hôtels luxueux, les projets existent. Certes, un tel édifice mérite une solution de prestige. Mais son ampleur amène une réflexion simple : il ne saurait être réservé à quelques privilégiés. L’Hôtel Dieu doit s’ouvrir sur la ville et ses habitants. Sans le découper, on peut imaginer y mettre des installations luxueuses dans une partie seulement. En un temps de crise économique, priver la majorité des lyonnais de cette merveille est inimaginable. Peut-on imaginer que le dôme soit transformé en une salle de restaurant huppée ? Non, résolument non.
Dans le même genre, parlons des prisons. Avec l’ouverture de l’établissement de Corbas, nous allons pouvoir fermer Saint Paul et Saint Joseph. Les rapports se sont succédés et ont tous conclu ce que l’on peut imaginer en marchant devant ces bâtiments : ils sont une honte pour notre démocratie, et pour notre ville. Cette fermeture est donc salutaire. Le premier réflexe serait dès lors de les démolir. Effacer cette marque, oublier que l’on a connu cette époque où l’on enfermait des êtres humains dans des cages inhumaines. On ne peut pas en faire un lieu de mémoire, un tel projet existe à Montluc. Préserver le patrimoine et l’histoire ne suppose pas forcément d’entretenir la mémoire à tous les coins de rue.
L ’un des bâtiments au moins mérite d’être sauvegardé, celui qui est en étoile, un exemple de l’architecture pénitentiaire du XIXe siècle. On pourrait l’utiliser pour des logements étudiants, qui font cruellement défaut. Un autre usage plus symbolique serait d’en faire une bibliothèque ou de le donner à l’enseignement supérieur. Si la délinquance croît avec l’ignorance, faisons de cette prison un lieu de savoirs, une porte vers la libération des plus faibles.
Une autre idée me vient souvent. Avec la Sucrière, le MAC, les Subsistances, Lyon est une place importante de l’art contemporain. En revanche, il me semble que nous manquons de lieux dédiés à la création, à l’innovation musicale. Ne pourrait-on pas consacrer une partie de l’hôtel Dieu, ou de la Prison à ce champ artistique ?
La réflexion doit s’ouvrir, en nous associant, nous tous simples citoyens, pour trouver une solution ambitieuse qui soit à la hauteur de tous ces édifices exceptionnels.






26 mars 2009 à 14 h 30 min
Oui§ Je suis tout à fait d’accord avec l’idée de transformer les prisons en lieu de création artistique. Si ce ne sont pas les prisons qui seront dédiée à cela, pourquoi pas une partie du marché gare? ou d’une autre friche industrielle? C’est exactement ce que font les grandes métropoles européennes d’habitude, ce qui permet de sauvegarder un patrimoine très intéressant.
26 mars 2009 à 17 h 26 min
Pourquoi sauver le symbole d’une société répressive?
Je suis toutefois d’accord pour dire que notre patrimoine n’est pas assez mis en valeur.
5 mai 2009 à 21 h 13 min
un commentaire :
l’Hôpital E.Herriot : un patrimoine architecturale de Tony Garnier . Bon . Voyons le mur d’enceinte …rue Rockfeller , rue Viala , rue Trarieux . Délabré , tagué , en piteux état et laisse voire une absence d’entretien courant les plus élémentaires …
Le Maire devrait être furieux , le Président du Grand Lyon aussi , et ils devraient écrire au Président des HCL …pour le mettre en demeure de néttoyer les tags , graffitis et réparer les parapêts rue Viala …
Zut , j’ai oublié , il s’agit de la même personne …
Et pourquoi donc les HCL gardent-ils en propriété un parc jardin public – le Parc Chambovet- alors que le produit de cette vente à la Ville de Lyon- dont c’est la mission , servirait au moins à restaurer le patrimoine , oeuvre de Tony Garnier ?.(promesse électorale non tenue à ce jour ? …) .
Et encore : allez donc voir ce mur graffité et tagué juste en face …du Hangar au Premier Film des frères Lumière .
Patrimoine ? au bord de la ruine ou tout le monde s’en fou ? .
Combien de temps pour agir simplement , faire son boulot ? .
pc